Les voitures particulières 100 % électriques ont atteint environ 42 % des immatriculations de voitures neuves en France en septembre 2026, un niveau jamais observé. Selon les données provisoires publiées début octobre, la part de l'électrique se situe entre 41,1 % et 41,9 % selon les sources et le périmètre retenus, contre environ 38 % en août. Sur les neuf premiers mois de l'année, elle atteint 31,4 %, contre 18,3 % sur la même période de 2025.
Cette accélération intervient dans un marché automobile en reprise, avec 156 629 voitures particulières neuves immatriculées en septembre, en hausse de 11,6 % sur un an selon la Plateforme automobile (PFA). Deux facteurs principaux sont avancés : la flambée des prix des carburants et le retour du leasing social.
Les chiffres de septembre
Les estimations varient légèrement selon les organismes, en raison de différences de méthode et de périmètre.
| Source | Part des voitures 100 % électriques en septembre 2026 |
|---|---|
| SDES (ministère de la Transition écologique) | 41,1 % |
| Avere-France | 41,91 % |
| PFA (relayée par la presse) | Environ 42 % |
En volume, entre 65 200 et 65 600 voitures électriques neuves ont été immatriculées sur le mois, selon les sources. Les chiffres définitifs du service statistique du ministère permettront de fixer le niveau exact.
| Indicateur | Septembre 2026 |
|---|---|
| Marché des voitures particulières neuves | 156 629 unités |
| Évolution sur un an | +11,6 % |
| Voitures électriques immatriculées | Environ 65 200 à 65 600 |
| Part cumulée de l'électrique depuis janvier | 31,4 % |
| Part cumulée sur la même période de 2025 | 18,3 % |
Pourquoi cette accélération
La flambée des prix des carburants
Le prix du gazole dépasse 2,36 euros le litre en moyenne à la mi-octobre, et celui du SP95 s'établit autour de 2,22 euros. Cette hausse, liée au conflit au Moyen-Orient et aux tensions sur le détroit d'Ormuz depuis la fin février 2026, a profondément modifié le calcul économique des automobilistes.
Pour un conducteur qui parcourt 15 000 kilomètres par an, l'écart de coût d'énergie entre une voiture thermique et une voiture électrique s'est fortement creusé. Avec une consommation de 6 litres de gazole aux 100 kilomètres à 2,36 euros, le carburant représente environ 2 120 euros par an. Une voiture électrique consommant 17 kWh aux 100 kilomètres, rechargée à domicile au tarif réglementé de 0,20 euro le kilowattheure, coûte environ 510 euros d'électricité pour la même distance.
| Hypothèse (15 000 km par an) | Coût annuel d'énergie |
|---|---|
| Diesel, 6 l/100 km, 2,36 euros le litre | Environ 2 124 euros |
| Essence, 7 l/100 km, 2,22 euros le litre | Environ 2 331 euros |
| Électrique, 17 kWh/100 km, 0,20 euro le kWh (recharge à domicile) | Environ 510 euros |
Ces calculs, réalisés par la rédaction, ne tiennent pas compte de la recharge sur bornes publiques, plus chère, ni des différences de prix d'achat et d'entretien.
Le retour du leasing social
L'édition 2026 du leasing social, ouverte le 16 juillet, propose des voitures électriques neuves en location longue durée avec un loyer plafonné à 200 euros par mois, pour les ménages modestes qui parcourent une distance importante pour se rendre au travail. Le gouvernement vise au moins 50 000 véhicules. Fin septembre, le ministre de l'Économie faisait état de 34 000 demandes. Les livraisons liées à ce dispositif se traduisent directement dans les immatriculations des mois d'été et de rentrée.
La prime financée par les CEE
Depuis juillet 2025, le bonus écologique a été remplacé par une prime « coup de pouce » financée par les certificats d'économies d'énergie. Ses montants indicatifs vont de 3 500 euros à 5 700 euros selon les revenus, auxquels peut s'ajouter une bonification pour les véhicules produits en Europe. Les conditions d'éligibilité, notamment l'éco-score, sont détaillées dans notre article sur la réforme de l'éco-score.
Une offre élargie
L'arrivée de nouveaux modèles plus abordables, notamment dans les segments des citadines et des compactes, élargit le public potentiel. Les constructeurs européens mettent en avant des modèles produits en Europe, éligibles aux aides bonifiées.
Les marques en tête
En septembre, le groupe Renault a progressé d'environ 11 % sur un an, et Tesla de près de 62 %, selon les données relayées par la presse. Plusieurs modèles du leasing social, dont la Renault 5, sont par ailleurs en rupture de disponibilité pour ce dispositif, signe de la forte demande sur les petits modèles électriques à prix contenu.
Une dynamique à nuancer
Plusieurs éléments invitent à la prudence dans l'interprétation de ce record.
Le poids des dispositifs temporaires
Le leasing social et les primes jouent un rôle important. Une partie des volumes correspond à des livraisons concentrées sur quelques mois, qui peuvent gonfler ponctuellement la part de marché.
Le marché des particuliers et celui des entreprises
Les flottes d'entreprises, soumises à des obligations de verdissement, représentent une part importante des immatriculations électriques. L'évolution de la demande des particuliers, hors aides, reste plus difficile à mesurer.
Le parc total
Les immatriculations de voitures neuves ne représentent qu'une petite fraction du parc. La part des voitures électriques dans l'ensemble des véhicules en circulation reste limitée, de l'ordre de quelques pourcents.
Les conséquences pour le réseau et la recharge
La hausse des ventes accroît les besoins en bornes de recharge, à domicile, en copropriété et sur la voie publique. Le plan d'électrification présenté le 15 octobre prévoit une aide de 500 euros pour l'installation d'une borne pilotable à domicile à partir du 1er janvier 2027, et un plan de 400 millions d'euros pour les bornes publiques. L'état du maillage est détaillé dans notre article sur les bornes de recharge en France.
Ce qu'il faut surveiller
La fin de l'année dira si la dynamique de septembre se confirme. Plusieurs facteurs seront déterminants :
- l'évolution des prix des carburants, liée au contexte géopolitique ;
- l'épuisement des places du leasing social, dont l'enveloppe est limitée ;
- le niveau des primes CEE, susceptible d'évoluer ;
- le prix de l'électricité, que le gouvernement s'est engagé à ne pas augmenter cet hiver.
Les mesures de soutien aux automobilistes face à la hausse des carburants sont présentées dans notre article sur le plan de 450 millions d'euros.
Comment se situe la France en Europe
La France fait partie des marchés européens où la voiture électrique progresse le plus vite en 2026. Elle reste toutefois derrière les pays nordiques, où l'électrique représente depuis plusieurs années la grande majorité des ventes de voitures neuves, en particulier la Norvège. À l'échelle de l'Union européenne, la part de l'électrique progresse également, portée par les objectifs d'émissions imposés aux constructeurs.
Ces objectifs européens, qui encadrent les émissions moyennes de CO2 des voitures neuves vendues par chaque constructeur, incitent les marques à promouvoir activement leurs modèles électriques, notamment par des offres de prix ou de location. Ils expliquent une partie de la dynamique observée, indépendamment des aides nationales.
Les hybrides, l'autre gagnant
Le mois de septembre a aussi été marqué par la bonne tenue des motorisations hybrides, qui représentent une part comparable à celle de l'électrique selon certains décomptes. Les hybrides non rechargeables, en particulier, séduisent des acheteurs qui cherchent à réduire leur consommation de carburant sans changer leurs habitudes de recharge. À l'inverse, les ventes de voitures diesel et essence sans électrification poursuivent leur recul.
| Motorisation | Tendance en septembre 2026 |
|---|---|
| 100 % électrique | Record, autour de 42 % |
| Hybride (rechargeable ou non) | Part comparable selon certains décomptes |
| Essence et diesel sans électrification | En recul |
Ce que cela change pour les finances publiques et les réseaux
La progression rapide de l'électrique a des effets au-delà du marché automobile. Pour l'État, elle réduit progressivement les recettes de l'accise sur les carburants, l'une des principales ressources fiscales liées à l'énergie. Pour les gestionnaires de réseau, elle augmente la consommation d'électricité et impose d'organiser la recharge pour éviter de nouvelles pointes en soirée, d'où l'accent mis par le gouvernement sur les bornes pilotables. Pour les ménages, enfin, elle déplace une partie de la dépense d'énergie du carburant vers l'électricité, dont le prix fait l'objet d'un engagement de stabilité cet hiver.
Le marché de l'occasion, prochain enjeu
L'essor des ventes de voitures électriques neuves alimentera, dans les prochaines années, le marché de l'occasion, aujourd'hui encore étroit. C'est sur ce marché que se joue l'accès des ménages modestes à l'électrique, au-delà des dispositifs ciblés comme le leasing social. La question de la durabilité des batteries et de la confiance des acheteurs dans les véhicules d'occasion sera déterminante.
Les constructeurs face à la demande
La forte demande sur les petits modèles électriques à prix contenu met les constructeurs sous tension. Les délais de livraison s'allongent sur certains modèles, et les listes d'attente se constituent pour les versions les plus abordables. À l'inverse, certains modèles plus haut de gamme, moins concernés par les aides, connaissent une demande plus modérée.
Pour les constructeurs européens, cette dynamique est une opportunité : la bonification de la prime CEE pour les véhicules produits en Europe et les conditions d'éco-score favorisent les modèles assemblés sur le continent, face à la concurrence des véhicules importés d'Asie. Le plan d'électrification présenté le 15 octobre prolonge cette logique pour les utilitaires, avec une aide renforcée réservée aux véhicules assemblés en Europe.
Le coût d'achat reste le principal frein
Malgré les aides, le prix d'achat d'une voiture électrique neuve reste en moyenne supérieur à celui d'un modèle thermique équivalent. Les ménages qui ne sont pas éligibles au leasing social ou aux primes les plus élevées hésitent encore, d'autant que l'incertitude sur l'évolution des aides en 2027 complique les décisions d'achat.
Les prochains chiffres mensuels, publiés début novembre pour le mois d'octobre, permettront de vérifier si le seuil de 40 % se maintient.
Questions fréquentes
Quelle est la part des voitures électriques en septembre 2026 ?
Environ 42 % des immatriculations de voitures particulières neuves, entre 41,1 % et 41,9 % selon les sources. C'est un record.
Combien de voitures électriques ont été vendues en septembre ?
Entre 65 200 et 65 600 environ, sur un marché total de 156 629 voitures particulières neuves.
Pourquoi les ventes accélèrent-elles ?
Principalement en raison de la hausse des carburants, du leasing social et de la prime financée par les CEE, ainsi que de l'arrivée de modèles plus abordables.
Quelle est la part de l'électrique sur l'année ?
31,4 % des immatriculations de janvier à septembre 2026, contre 18,3 % un an plus tôt.
Recharger une voiture électrique coûte-t-il moins cher que faire le plein ?
À domicile, au tarif réglementé, le coût d'énergie est nettement inférieur à celui d'un véhicule thermique avec les prix actuels des carburants. Sur bornes rapides publiques, l'écart est plus faible.
Le leasing social est-il encore ouvert ?
L'édition 2026 vise au moins 50 000 véhicules. Fin septembre, 34 000 demandes avaient été formulées, et certains modèles n'étaient plus disponibles.
Les chiffres sont-ils définitifs ?
Non, ce sont des données provisoires. Les chiffres consolidés du service statistique du ministère permettront de confirmer le niveau exact.




